La loi Le Meur a beaucoup fait parler pour ses règles d'urbanisme. Son volet fiscal est passé plus discrètement, et il touche pourtant la totalité des propriétaires qui louent en courte durée. Depuis les revenus 2025, déclarés en 2026, le régime micro a changé de visage.
Ce que la loi a changé au régime micro
Pour un meublé de tourisme sans classement, l'abattement forfaitaire du régime micro est passé de 50 % à 30 %, et le plafond de recettes qui donne accès à ce régime est descendu de 77 700 € à 15 000 €. Au-delà de ce seuil, le passage au régime réel devient obligatoire, avec la comptabilité qui va avec.
Pour un meublé classé, l'abattement est passé de 71 % à 50 %, avec un plafond maintenu à 77 700 €. Le régime reste sensiblement plus favorable, sur le taux comme sur le seuil.
15 000 €
Le plafond de recettes du régime micro pour un meublé non classé, contre 77 700 € pour un meublé classé. Un bien qui tourne bien franchit ce seuil sans difficulté, ce qui fait du classement une question de calendrier plutôt que de principe.
Pourquoi le classement change l'équation
Le classement en meublé de tourisme, de une à cinq étoiles, est une procédure volontaire. Elle repose sur une visite de contrôle par un organisme accrédité, portant sur un référentiel d'équipements, de confort et d'accessibilité. Le classement est valable cinq ans.
Sur le plan fiscal, l'écart entre 30 % et 50 % d'abattement se traduit directement en impôt. Sur le plan pratique, le classement ouvre aussi un taux de taxe de séjour souvent plus avantageux, et il constitue un argument de réassurance pour les voyageurs qui comparent plusieurs annonces.
Ce que le classement demande réellement
La démarche suppose de constituer un dossier, de préparer le logement au regard du référentiel, et de recevoir la visite de contrôle. Le coût reste modeste au regard de l'économie fiscale sur cinq ans, dès lors que le bien produit des revenus réguliers.
Les points qui font échouer un classement sont souvent des détails matériels : un équipement manquant dans la cuisine, un affichage absent, une information non fournie au voyageur. Ce sont exactement les points qu'une exploitation suivie tient à jour de toute façon.
Un meublé classé et un meublé identique sans classement ne paient pas le même impôt sur les mêmes recettes.
Le réflexe à avoir cette année
Deux chiffres suffisent pour savoir si le sujet vous concerne : vos recettes annuelles, et leur trajectoire. Un bien qui approche les 15 000 € de recettes a intérêt à regarder le classement avant de franchir le seuil, plutôt qu'après.
Nous accompagnons la préparation du logement et le montage du dossier pour les biens que nous exploitons. Le choix du régime fiscal et son arbitrage relèvent de votre comptable, qui dispose de votre situation d'ensemble.
Informations à jour au 19 septembre 2026, données à titre indicatif et sans valeur de conseil fiscal. Les seuils et abattements cités résultent de la loi n° 2024-1039 du 19 novembre 2024 et s'appliquent aux revenus perçus à compter de 2025. Maison Belvior n'est ni expert-comptable ni conseil fiscal : l'arbitrage entre régime micro et régime réel, comme toute décision fiscale, doit être validé avec votre comptable au regard de votre situation personnelle.